Le retour du FIA European Historic Rally Championship à Ypres a été un grand succès. Avec 44 concurrents au départ, l’épreuve proposait un solide plateau, surtout sur le plan de la qualité des participants. Le grand favori n’était autre que Jari-Matti Latvala, le triple vice-champion du monde et vainqueur de 18 manches en WRC, sur sa Toyota Celica ST185. Mais ce ne sont pas toujours les favoris qui gagnent.
Le Finlandais a dominé l’épreuve. Vendredi, il se ménageait quasi une demi-minute d’avance sur la concurrence. Et ce samedi, personne n’était davantage en mesure d’inquiéter le pilote de la Celica ST185. Mais la mécanique allait le trahir à mi-journée. Sur la route menant à Zillebeke, le moteur chauffait et la Toyota perdait de l’eau. Au parc d’assistance, le Finlandais prenait la décision de jeter le gant : « C’est une énorme déception naturellement, mais nous avons vraiment apprécié ce Rallye d’Ypres et l’atmosphère fantastique qui règne dans la ville. J’avais déjà goûté à cette ambiance en WRC en tant que patron du team Toyota Gazoo Racing quand nous sommes venus à Ypres. Mais même pour une épreuve européenne, il y avait énormément de spectateurs, notamment pendant la séance d’autographes. On sent la passion pour le rallye qui règne ici. »
Pieter-Jan Maeyaert s’était déjà fait une raison face à Latvala. Mais c’est donc finalement le pilote BMW qui s’imposait avec une avance de 1’35 » sur son plus proche poursuivant. « Nous étions venus pour gagner. Au départ, j’étais déçu car j’espérais pouvoir rivaliser avec Jari-Matti grâce à ma connaissance du parcours. Hélas, il s’est montré nettement plus rapide. Ce n’est pas illogique puisque c’est un pilote du Championnat du Monde. Cette victoire me fait très plaisir », souriait ‘PJ’ tout en dégustant une bière bien fraîche.
À la deuxième place, on aurait pu retrouver Bruno Thiry, qui a effectué une spectaculaire remontée après une crevaison. Mais le pilote Subaru renonçait en vue de l’arrivée à la suite d’un bris de disque de frein. Le premier accessit revenait ainsi au Hongrois Tibor Erdi sur sa Ford Sierra Cosworth : « Nous sommes très contents de cette deuxième place car nous avons roulé quasi toute la journée sans le deuxième rapport. »
Didier Vanwijnsberghe, qui retrouvait sa BMW après 8 mois d’inactivité, hissait sa M3 E30 au troisième rang. En début de course, il était proche de Maeyaert. Mais après avoir commis une petite erreur dans la spéciale de Kemmelberg, il n’insistait plus. Seb Perez a un moment occupé la quatrième place, mais il devait aussi ranger sa puissante Lancia Stratos suite à des soucis mécaniques. La quatrième place revenait ainsi au Polonais Maciej Lubiak sur sa Porsche, devant l’Yprois Guillermo Bruneel, qui s’offrait à 33 ans une très belle 5e place sur sa BMW M3 E30 louée chez MATS : « J’en étais aujourd’hui à seulement mon troisième rallye et le résultat est donc inespéré. Je n’aurais jamais osé en rêver. Je suis hyper ravi de ce résultat et j’espère retrouver bien vite cette BMW. »
Dirk Deveux terminait troisième Belge et 8e au niveau européen avec sa Ford Sierra, dans le sillage de James Harrison et Will Graham : « Le niveau en Championnat d’Europe était très élevé aujourd’hui. Je visais le Top 5, mais je n’ai jamais été en mesure de l’intégrer, même si je n’ai pas vraiment traîné. »
Le Britannique Mark Higgins, de retour après une blessure à l’épaule qui l’a maintenu éloigné de toute compétition durant 8 mois, hissait sa belle Triumph TR7 V8 à la 9e place : « Nous roulions ce week-end avec une toute nouvelle TR7, qui n’a été terminée que cette semaine. Nous avons perdu 2’30 » à cause d’un souci de maître-cylindre de frein. J’étais déjà venu ici en 2008. Mais quel parcours ! »
Tous les concurrents étrangers étaient unanimes à propos de l’ambiance à Ypres et de la qualité de l’organisation. « Ce rallye, c’est une expérience incroyable », souriait le Parisien Richard Kollé, finalement 13e à l’arrivée. « Quelle ambiance en ville. Comme pilote, c’est incroyable de pouvoir participer à ce rallye. Et les spéciales sont superbes, mais très difficiles. Je roule normalement en Porsche mais j’avais loué pour l’occasion une BMW M3 chez MATS. C’est vraiment une voiture géniale. Par contre, le rythme était vraiment très élevé. »
Au niveau des pilotes BRC, personne n’a pu rivaliser avec Bert Cornelis et son Opel Monza. Mieux encore, Bert a réussi à s’immiscer parmi les concurrents européens, se classant à la 6e place au général. Patrick Mylleville terminait deuxième avec sa Porsche 911 SC RS au terme d’un rallye sans souci. Quant au leader du Historic BRC, Thomas Carlier, il classait sa Ford Escort au troisième rang : « Et je suis très satisfait de ce résultat pour ma première participation à Ypres. Ce rallye est très difficile avec ses profondes cordes, mais je me suis vraiment beaucoup amusé. »
Ce matin, Koen Verhaeghe commettait un petit tout-droit avec sa Ford Escort MKI, perdant entre 10 et 15 secondes. À l’arrivée, seulement 16 secondes le séparaient de la troisième place de Carlier.